L'administration du président américain Donald Trump a imposé vendredi des sanctions à la Cour pénale internationale (CPI) et ce quelques heures après que Navanethem "Navi" Pillay, une ancienne de ses juges, a reçu le prix Nobel de la paix.
La Cour pénale internationale, dont le siège est à La Haye, est depuis longtemps la cible du président américain Donald Trump, dont la campagne contre la Cour s'est intensifiée après l'émission, l'année dernière, de mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense.
Navi Pillay a présidé la commission d'enquête de l'Onu sur Gaza, qui a conclu l'année dernière qu'Israël avait commis un génocide à travers le territoire palestinien occupé. Israël avait alors rejeté ce rapport, le qualifiant de "scandaleux" et de "faux".
Le mois dernier, Donald Trump a appelé les pays à quitter la CPI. Il a imposé des sanctions ciblées à plusieurs procureurs et juges de la Cour et des sources avaient dit qu'il envisageait des sanctions plus larges.
Et celles annoncées ce vendredi vont bien plus loin, en pouvant potentiellement s'étendre aux entreprises qui fournissent des services à la Cour elle-même.
"Le président Trump ne permettra jamais à la Cour pénale internationale de poursuivre des Américains", déclare le secrétaire d’État Marco Rubio dans un communiqué consulté par Reuters avant l’annonce officielle.
"C'est pourquoi, aujourd'hui, les États-Unis sanctionnent la Cour pénale internationale. Nous interdirons toute transaction avec cette cour voyou, en lui coupant les vivres et en paralysant sa capacité à fonctionner", ajoute-t-il.
La Cour pénale internationale rejette les sanctions imposées par le gouvernement américain, appelant ses États membres à veiller à ce qu'elle puisse continuer à fonctionner.
"Il s'agit d'une tentative visant à entraver le cours de la justice et à empêcher la Cour de remplir la mission pour laquelle elle a été créée. C'est une atteinte à l'État de droit et aux fondements mêmes de l'ordre juridique international", ajoute la Cour dans un communiqué.
"La Cour ne peut pas faire cavalier seul. Son sort repose désormais également entre les mains des États qui l’ont créée. Il ne s'agit pas seulement de défendre une institution, mais de préserver l’ordre international fondé sur l'État de droit. L’histoire jugera ce moment", poursuit-elle.
La Cour, fondée en 2002 pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et le génocide, compte 125 pays parmi ses États membres, dont tous les pays de l'Union européenne et tous les membres de l'Otan, à l'exception des États-Unis et de la Turquie.
(Humeyra Pamuk et Steve Holland, avec la contribution de Stephanie van den Berg et de Bart Meijer, Version française Benoit Van Overstraeten, édité par Zhifan Liu)

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